Au hasard du poème ...

Mensonges

J’ai usé les piles de mon horloge interne,
Les nuits passent si vite à l’abri des démons,
On s’habitue, tu sais, à oublier les sons
Et les scènes du film plus vieux qu’une caverne.

Oh, bien sûr, souvent on fait semblant ; on respire
Le velours du fauteuil, de la cire et des fleurs,
On s’imagine gai, on a les yeux rieurs
Pour d’autres yeux en face : on veut toujours reluire.

Quand le soleil s’y met, on finirait par croire
Qu’il ne s’est rien passé ; les rayons en treillis
Rampent sur la moquette avec cet air surpris
De trop lents voyageurs qui ont manqué l’Histoire.

Les chiffres ne font qu’un sur le calendrier.
Deux mois sont un siècle inventé pour mentir,
Inventé pour se taire inventé pour salir
La mémoire allongée, morte au vent sablier.

Et l’on est convaincu, en sortant de chez soi,
D’avoir comblé le vide au bonheur amputé
Par quelques mots écrits sur un soleil raté,
Mais au fond du silence … il ne manque que toi.

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